Fictionnalisation du monde et contamination du réel : état des lieux et ambitions d'Ozmocorp

Selon les dernières estimations de nos agents d'observation postés aux quatre coins du globe, 33% du monde – de ce monde – est une fiction. C'est à la fois beaucoup et peu au regard des ambitions d'Ozmocorp. En effet ce chiffre résulte en grande partie d'une porosité naturelle entre dimensions fictionnelles et naturelles : les êtres humains étant des créatures de narration, leurs mythes ont peu à peu colonisé le réel au fil de quatre millénaires d'histoire dramaturgique.

L'objectif affiché d'Ozmocorp est de parvenir à une fictionnalisation plus ou moins complète du monde à l'orée du prochain millénaire. Cette volonté d'accélération drastique, décidée en conseil d'administration, est notamment soutenue par de nouvelles campagnes de contagion : ainsi, au printemps 2018, Ozmocorp a décidé de révéler son existence aux yeux du monde réel. Nous comptons sur l'évidente propension des habitants de cette dimension à souffrir du "syndrome de Maldoror" (cet élan qui pousse naturellement au mal et à l'entropie) pour embrasser notre cause et épauler nos efforts.

État des lieux

Chaque dimension pose différemment le problème de sa fictionnalisation : prendre le contrôle d'une narration globale peut parfois s'avérer enfantin, et d'autres fois se révéler impossible ou presque. Le cas de la dimension qui nous occupe est dit de type "intermédiaire", dans la mesure où les créatures qui la peuplent ne manifestent qu'un intérêt limité pour les faits rationnels : une large majorité de la population terrienne est par exemple religieuse, ce qui la place d'emblée dans un état propice aux manipulations fictionnelles et la rend perméable aux torsions du réel. Mieux, elle est en demande. Dans ces conditions, nous espérons qu'Ozmocorp n'aura plus qu'à se baisser pour ramasser les fruits.

A. Des créatures de fiction

B. Fabrication

C. Émancipation

 

B. Contamination par reproduction

 

C. Contagion de proximité